2024 03 23&24 Immersion au sein d'un équipage de régate
- Michel Entat

- 28 mars 2024
- 5 min de lecture
Juliette nous raconte sa première expérience de régate, merci Juliette !
J’arrive à la gare de Vannes samedi à 6h du matin par un bus de nuit. Franck, un ami de Michel, voilier de profession -le fournisseur officiel de Castagnole-, vient gentiment me récupérer à la gare pour me conduire à Keret.
Je rencontre Michel, Camille et Cyril. Michel me rhabille de la tête aux pieds car j’ai tendance à voyager un peu trop léger, puis nous partons vers le Crouesty, où est amarré le bateau. Arrivés au port, je découvre le reste de l’équipage, Axelle, Aurélia et Pascal, qui sont en train de préparer le bateau. Camille me montre comment mettre en place les bras et écoutes de spi (qui sont doublés sur Castagnole) puis Cyril me fait un brief de sécurité. Je visite alors l’intérieur du bateau, qui me surprend par son aspect « vide ». Michel m’explique : le voilier est aménagé pour être léger et performant en course, avec un minimum d’équipement non essentiel afin de maximiser sa vitesse. Laurent, le dernier membre de l’équipe, arrive avec des chouquettes. Je prends note pour la suite : le retard est toléré, mais seulement si compensé par un cadeau de préférence sucré ou chocolaté pour l’équipage !
Une fois les bouts mis en place, nous larguons les amarres en mettant le cap sur le Golfe du Morbihan. Le soleil nous accompagne, la mer est belle et plate. Le vent est au rendez-vous, avec entre 15 et 25 nœuds annoncés sur la journée
Lors d’une régate, chacun a un rôle bien précis à bord pour maximiser l’efficacité des manœuvres. Aujourd’hui, nous nous entraînons pour la régate de dimanche avec la répartition suivante : Michel à la barre, Cyril en navigateur, Camille en numéro 1, Pascal en numéro 2, Aurélia au Piano, Laurent à l’écoute de GV, Axelle en cheffe de bassine, et moi dans la bassine, en symétrique d’Axelle.
Sortis du port, nous envoyons la grand-voile avec deux ris, et le solent. En début de journée le vent est autour de 15 nœuds, une couverture nuageuse au loin nous fait espérer un peu plus pour l’après-midi. Castagnole file vite sur l’eau le long de la jolie côte bretonne.

Vue depuis le bateau
Nous commençons l’entraînement par quelques virements de bord au près, j’ai la charge de l’écoute ou de la contre-écoute de foc suivant le bord. Je suis impressionnée par la facilité avec laquelle Castagnole remonte au vent. Le bateau gite beaucoup, nous nous mettons au rappel pour atténuer l’effet.

Michel à la barre, l’équipage au rappel
Nous testons un envoi de spi avec chaussette. Je ne vois pas très bien tout ce qu’il se passe à l’avant pour cet envoi, mais ça m’a l’air bien précis et physique. Le spi rouge monte dans sa chaussette, puis se déploie et nous tire sur l’eau. J’ai la charge de l’écoute, et Axelle celle du bras. Le réglage est constant pour cette voile fragile. Tout se passe bien, nous affalons le spi et entamons une pause déjeuner à la cape.
Alors que nous dégustons nos repas, le bateau continue tranquillement sa course : même à la cape, Castagnole est inarrêtable ! Au cours du déjeuner, le vent se lève et soulève la mer. De petites vagues commencent à apparaître. Nous décidons de retourner au port. Rentrés au Crouesty après une manœuvre d’amarrage disons, folklorique (mais réussie), nous faisons une petite pause goûter. Nous en profitons pour prendre soin des cordages avec quelques surliures, puis Camille se déshabille pour fournir des élastiques aux chapeaux de winch : quel dévouement !
Nous rentrons à Keret. Ayant dormi 2 heures à partir de ce moment-là, je ne peux pas vous raconter ce qu’il s’est passé. Je suis réveillée par quelques coups sur la porte m’annonçant qu’il est l’heure de partir chez les parents d’Axelle : tout l’équipage est invité à un diner, par un magnifique carton d’invitation.

Carton d’invitation – très classe
Nous sommes reçus comme des rois (un grand merci aux parents d’Axelle), et passons une excellente soirée dans leur jolie maison avec une vue imprenable.
Nous rentrons ensuite à Keret pour une bonne nuit de sommeil avant la course du lendemain.
Le dimanche, c’est jour de régate. Après un petit déjeuner jovial, nous partons pour le Crouesty. Michel se rend au brief de 9h et nous annonce l’épreuve du jour : un enchaînement de « bananes » : c'est une configuration où les bateaux doivent naviguer autour de plusieurs bouées disposées de manière à former une trajectoire en forme de banane. Les bateaux commencent par naviguer jusqu'à la première bouée, puis suivent une série de bouées en forme de courbe avant de retourner à la bouée de départ.

Départ en navigation
Le vent est plus faible qu’hier, entre 10 et 15 nœuds, nous embarquons donc un solent et un spi léger. Nous effectuons un rapide entraînement au parcours avant que l’épreuve ne commence. Les concurrents sont également de sortie, une bonne douzaine de bateaux se promènent à nos côtés.
Le signal de départ s’apprête à être donné à la VHF pour la première manche d’1,6 miles : nous nous approchons de la ligne de départ, tribord amure. 3, 2, 1, c’est parti. Nous bordons les voiles et Castagnole s’élance sous le soleil breton. Nous effectuons quelques virements de bord, guidés par Cyril. Une fois la première bouée passée, nous naviguons un peu au travers. Puis le retour se fait au portant, sous un spi magnifiquement envoyé par Camille et Pascal. Un empannage sous spi plus tard, le premier tour est effectué. Nous plions le spi alors que Castagnole amorce un deuxième tour. Le vent nous portant bien (15 nœuds), la mer plate, le bateau léger, l’équipage motivé et concentré, nous font arriver les premiers au temps réel lors de cette manche. (2e après les compensations)

Les voiliers sur la ligne de départ
C’est pleins de confiance que nous entamons la deuxième manche, le même parcours mais réduit à un mile, toujours en deux tours. Les manœuvres s’enchaînent beaucoup plus rapidement, nous arrivons 4e. Au fil des tours, je commence peu à peu à comprendre le fonctionnement du spi, et commence à sentir les effets de mes actions sur la vitesse du bateau.

Castagnole et en fond, ses concurrents (objectivement) en retard :)
Le vent a faibli un peu depuis la matinée, oscillant entre 9 et 11 nœuds. Les organisateurs annoncent une 3e manche, la même que la 2e. Peu après le départ, nous nous retrouvons coincés entre 2 voiliers concurrents, impossible de virer de bord alors qu’il faudrait. Je retiens que nous arrivons finalement à virer juste devant Charal, leur passant sous le nez. Le manque de vent nous pénalise légèrement pour ces deux tours, nous arrivons 6e. Une 4e et dernière manche est annoncée. La fatigue commence à se faire sentir mais la motivation reste présente chez l’équipage de Castagnole. Cependant personne n’est parfait, et après un faux départ (obligés de faire un tour sur nous même pour éviter des collisions), un premier virement raté (j’ai laché la contre-écoute trop tôt et la manivelle d’Axelle ne voulait pas rentrer dans le winch), nous prenons un peu de retard. Ajoutés à l’écoute et le bras tribord du spi qui décident de faire un peu de plongée sous-marine sous la coque lors du premier tour, nous confirmons notre retard. Les bouts sont heureusement brillamment récupérés et réinstallés par Michel et Camille, juste à temps pour renvoyer le spi lors de la dernière ligne droite. Nous terminons 7e de cette manche, fiers de cette journée bien remplie.

Equipage heureux après une bonne journée de navigation
Après une manœuvre d’amarrage cette fois parfaitement réussie au quai de manutention, nous rangeons le bateau qui va passer un peu de temps hors de l’eau et nous rendons au Yacht Club pour un gouter-apéro convivial avec les autres participants. Les résultats tombent et à ce stade du challenge, Castagnole est sur le podium avec une 3e place !
C’est maintenant l’heure de rentrer et de se dire au revoir. Cyril nous dépose à la gare de Vannes, où un autre bus de nuit va me conduire à Paris. Un grand merci à Michel et à l’équipage de Castagnole pour leur accueil pour ces deux jours de navigation. Cette première régate fut riche en apprentissages, au plaisir de vous retrouver sur l’eau bientôt.



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